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Dépression, tristesse : quelle est la réponse de l’islam ?

Dépression, tristesse : quelle est la réponse de l’islam ?

Vous pouvez trouver l’original de la vidéo (en anglais) sur le lien suivant : https://www.youtube.com/watch?v=do_K4kj-itQ

Je voulais vous parler d’un sujet qui est parfois tabou dans la communauté musulmane, il s’agit de la dépression.

D’après les statistiques, une personne sur cinq en France a souffert ou souffrira d’une dépression au cours de sa vie. La communauté musulmane n’est pas à l’abri ; certains souffrant de la dépression ne savent pas vers qui se tourner. Ils se sentent mal à l’idée d’en parler à leur famille ou à leurs amis.

La plupart des gens ne savent pas du tout quelle attitude adopter par rapport à ce problème. Hélas, ce manque d’informations et d’assistance peut parfois conduire les victimes de dépression au suicide.

La dépression peut toucher des gens qui ne trouvent pas de joie dans cette vie, et pas de but non plus. Certains ressentent un profond mal-être et commettent des actes graves par la suite, envers eux et envers les autres.

Pire encore, leurs proches n’ont aucune idée de leur mal-être.

Nous devons donc attirer notre attention sur ce point, et essayer de comprendre au moins les origines et les manifestations de la dépression.

Objectifs

L’idée n’est pas de diagnostiquer ni de traiter la dépression, mais plutôt d’être davantage conscient du problème. Nous allons aussi étudier ce que dit le Coran à propos de l’anxiété, le stress et la dépression.

Problèmes dans l’approche de la dépression

Certains au sein de la communauté musulmane ont une approche assez simpliste du phénomène. Ils sont focalisés uniquement sur l’aspect spirituel. Ils pensent que si on a la foi, alors on ne sera jamais déprimé. D’autres disent que si on croit en Allah, ce n’est pas possible d’aller voir un psychologue ou un psychiatre, voire même, on n’a pas le droit d’aller en voir un.

Malheureusement, ils interprètent mal certains versets du Coran, comme par exemple, lorsque Allah dit, dans la sourate 13, verset 28 :

أَلَا بِذِكْرِ اللَّهِ تَطْمَئِنُّ الْقُلُوبُ

« Certes, c’est par l’évocation d’Allah que les cœurs se tranquillisent. »

Certains pensent donc que si on ne trouve pas de tranquillité, cela veut dire qu’on ne fait pas assez de rappel d’Allah, ou qu’on a une foi faible.

Hélas, la pire chose à dire à une personne dépressive, c’est que c’est ELLE le problème.

Cela ne fera qu’empirer la situation. En effet, le dépressif ou la dépressive se sentira encore plus coupable.

Malheureusement beaucoup de sheikhs ou des savants ne maîtrisent pas bien la question. Ils peuvent alors donner des réponses lapidaires comme : « Tu dois revenir vers Allah ». Or ce genre de réponses peut aggraver encore plus la dépression. En effet, le dépressif ou la dépressive peut se dire : « Tout est de ma faute ».

L’entourage des dépressifs est donc souvent néfaste, car elle enfonce souvent le ou la déprimée plus loin dans sa détresse.

La réalité de la dépression

En réalité, la dépression est un problème qui peut avoir des origines bien diverses. C’est difficile de la catégoriser.

Oui, il est vrai que pour certains, les symptômes la dépression peuvent être soignés par le volet spirituel.

Mais il vrai aussi que des personnes atteintes de ces maladies ne pourront pas se contenter d’une réponse spirituelle. Ils auront besoin d’aller voir un spécialiste, et de prendre un traitement.

De même, d’autres soucis peuvent être liés à cette dépression, notamment des problèmes psychologiques, qui sont au-delà du domaine religieux ou médical. Certains troubles peuvent provenir de traumatismes ou d’abus subis durant l’enfance (comme des attouchements).

Pour traiter ces problématiques profondes, il est nécessaire de recourir à un spécialiste, comme un psychologue ou un psychiatre ! Et non un sheikh ou un imam uniquement, ni même un médecin généraliste qui prescrira quelques médicaments sans suivi psychologique.

Notre rôle à jouer

Il ne faut pas oublier que nous avons un rôle à jouer dans tout ça. Car le rôle de la famille et des proches est très important.

Nous devons savoir identifier les symptômes de la dépression. Peut-être qu’ils sont présents chez des amis, ou bien en nous-même. Il faut connaître quelques informations pour pouvoir être un soutien, si des proches souffrent de cette maladie.

En tous les cas, la religion est quelque chose qui peut grandement aider à guérir des symptômes de la dépression. D’ailleurs, beaucoup d’études ont montré que de façon générale, les gens qui suivent une religion encaissent mieux les problèmes de vie.

9 points à retenir

1- Il est normal de ressentir des émotions négatives

Le Coran nous indique clairement que se sentir inquiet, anxieux ou stressé, c’est humain. Il n’y a rien de mal à cela. Le monde qui nous entoure sera inéluctablement une source de problèmes.

La détresse de Mouhammad devant la mécréance des Mecquois

Cela a été le cas pour le prophète Mouhammad (asws), qui a subi des paroles mauvaises de la part des polythéistes, et il en souffrait. Allah reconnaît cette contrariété dans le cœur du prophète (asws), lorsqu’Il dit dans la sourate 15, verset 97 :

وَلَقَدْ نَعْلَمُ أَنَّكَ يَضِيقُ صَدْرُكَ بِمَا يَقُولُونَ

« Vraiment, nous savons que ta poitrine se serre à cause de ce qu’ils disent. »

On peut aussi mentionner un autre verset, qui est très fort :

لَعَلَّكَ بَاخِعٌ نَّفْسَكَ أَلَّا يَكُونُوا مُؤْمِنِينَ

« Il se peut que tu te consumes de chagrin parce qu’ils ne sont pas croyants ! »

Sourate 26, verset 3

Et on retrouve une variation de ce verset dans la sourate 18, Al Kahf.

Ici, Allah le Très Haut parle à Son messager (asws), et lui dit qu’il est possible que ta tristesse puisse causer sa mort. Cela semble excessif, mais cela ressort du terme « bâkha3a ». Et ce terme signifie : mourir à cause du chagrin.

Ceci paraît clairement renvoyer à la dépression, qui peut conduire à une souffrance telle qu’elle aboutit à la mort.

Et Allah a donc révélé, assez tôt au cours de la période mecquoise, ces versets. Ils illustrent la compassion de notre Seigneur envers les difficultés rencontrées par notre prophète (asws). C’était une consolation, une façon de lui dire qu’il ne devait pas s’accabler.

En effet, comme le dit l’exégèse d’Ibn Kathir, le prophète ne devrait pas ressentir autant de tristesse pour les hommes qui se détournent de la foi. Le rôle du prophète est de les avertir. Ensuite, il n’est plus responsable. Celui qui veut être guidé le fait par lui-même, et celui qui se perd est responsable de son fait.

Pourquoi le prophète était triste ? Parce que les gens refusaient son message et allaient à leur perte. Il n’était pas triste à cause de choses matérielles.

Ainsi, on voit qu’il n’y a rien de mal à se sentir triste ou anxieux. C’est un caractère humain. Il ne faut pas culpabiliser. On doit s’accepter et accepter nos faiblesses.

Nous avons d’autres exemples de difficultés rencontrées par des personnes très pieuses, comme nous allons le voir.

La peine de la mère de Moussa

Ainsi, on peut aussi lire à plusieurs reprises dans le Coran, la douleur de la mère de Moussa. Cette dernière dut laisser son fils dans un berceau, sur les rives du Nil. Puis, l’enfant fut retrouvé, et on lui donna à téter sa propre mère. Cet épisode est mentionné dans la sourate 28 (le récit), verset 13 :

(…) فَرَدَدْنَٰهُ إِلَىٰٓ أُمِّهِۦ كَىْ تَقَرَّ عَيْنُهَا وَلَا تَحْزَنَ

« Ainsi Nous le rendîmes à sa mère, afin que son œil se réjouisse, qu’elle ne s’affligeât pas (…) »

On comprend bien qu’il n’y a rien d’anormal à être inquiet, anxieux, triste ! … Nous voyons aussi qu’Allah trouve des moyens pour calmer nos tristesses.

La tristesse de Y’aqoub

À tel point qu’Allah n’a pas fait de reproche lorsque son prophète Y’aqoub (Jacob) est devenu aveugle à force de pleurer. En effet, il a beaucoup souffert de la disparition de son fils Youssouf, comme on le lit dans la 12ème sourate.

Ce sont au contraire ses fils qui se sont emportés et lui ont dit : « Par Allah ! Tu ne cesseras pas d’évoquer Yusuf (Joseph), jusqu’à ce que tu t’épuises ou que tu sois parmi les morts. » (sourate 12, verset 85)

Or Allah n’a jamais critiqué Y’aqoub pour sa tristesse.  

La détresse de Maryam (Marie), mère de ‘Issa (Jésus)

On peut aussi citer l’exemple de Maryam (que la paix soit sur elle), qui était seule et a dû quitter sa communauté, enceinte de son garçon. Personne n’était là pour l’aider. Elle ne savait pas comment accoucher de l’enfant !

Et là encore, Maryam fut rassurée par une voix, et d’après Ibn ‘Abbas il s’agit de celle de l’ange Gabriel. Cette voix disait :

أَلَّا تَحْزَنِى

Ce qui signifie : « Ne t’afflige pas ! » ou « Ne t’attriste pas ! » (sourate 19, verset 24)

La voix n’a pas dit : « Ô Maryam, tu es la meilleure femme parmi les êtres humains, tu es une femme pieuse, pourquoi t’inquiètes-tu ? ».

Non, ici la voix a rassuré Maryam. C’était une façon de dire : « Ne t’inquiète pas, nous prendrons soin de toi. »

Et ensuite, on lit qu’Allah lui a facilité les choses, en lui accordant des bienfaits : il y a une source à ses pieds où elle peut puiser, et aussi des dattes qu’elle peut manger. 

N’oubliez qu’Allah est le Doux (Al-Halim) et l’Affectueux (Al-Wadoûd). Il est compatissant envers les attristés.

En définitive, Allah console ceux qui ressentent de la peine. De plus, il ne leur transmet pas un sentiment de culpabilité car c’est normal de ressentir des émotions négatives.

On conclut de tout cela que se sentir mal, se sentir anxieux, stressé, triste, inquiet, c’est normal. Cela fait partie de la vie, qui a son lot d’épreuves. Avoir des sentiments négatifs de temps à autre n’est donc pas un problème spirituel. 

L’essentiel est qu’on doit garder ces émotions négatives dans de certaines limites. Elles ne doivent pas dépasser un cadre donné.

2- Ayez en tête qu’Allah nous voit et nous soutient

La première chose à bien assimiler, c’est qu’Allah nous voit, et qu’Allah est avec nous.

Quand nous avons une épreuve, nous devons nous dire : « Allah est de mon côté. Il est mon soutien. Et Allah sait ce qui se passe. »

Nous avons une illustration de ce moment difficile dans le Coran.

Le prophète rassure son compagnon anxieux

Ce moment difficile s’est produit lorsque le prophète Mouhammad (asws) et son proche compagnon Abou Bakr se sont enfuis de la Mecque. Des soldats armés sont partis les chercher pour les capturer. Alors qu’ils s’approchaient d’eux dans la nuit, les deux hommes se sont cachés dans une petite caverne. Ils étaient sur le point d’être découvert, et Abou Bakr était très tendu et anxieux.

Alors, comme on le lit dans la sourate 9, verset 40, le prophète (asws) l’a rassuré en disant :

لَا تَحْزَنْ إِنَّ ٱللَّهَ مَعَنَا

« Ne t’afflige pas ! Car vraiment, Allah est avec nous ! »

C’est l’illustration parfaite de la réaction que nous devons avoir, face à la difficulté !

Allah contrôle la situation

Allah nous voit, Il sait ce que nous vivons, et il contrôle tout.

Cela aide le croyant, de savoir que la situation est sous contrôle.

On peut lire encore, sourate 52 verset 48 :

وَٱصْبِرْ لِحُكْمِ رَبِّكَ فَإِنَّكَ بِأَعْيُنِنَا

« Et supporte patiemment la décision de ton Seigneur. Car en vérité, tu es sous Nos yeux. »

Savoir qu’Allah est conscient de nos difficultés et nous soutient dans l’Invisible est important : cela nous console et nous aide à patienter.

Abordons maintenant le troisième point.

3- Rappelez-vous que le monde d’ici-bas n’est pas le Paradis

Il faut bien comprendre que la peine et la douleur sont inévitables sur terre. Notre monde n’est pas le Paradis ! C’est un lieu d’épreuve qui est un préalable au Paradis.

Personne dans ce monde ne peut vivre sans souffrance. Ainsi, quand l’enfant naît, il se met à pleurer. Et justement, c’est un symbole de notre monde. 

Il faut vraiment réaliser que toute personne dans le monde a ses propres problèmes, ses soucis, ses difficultés, ses inquiétudes. Aucun individu n’est épargné !

Les autres aussi vivent des épreuves

Si vous pensez qu’une personne vit sans aucun souci, vous vous trompez ! Chaque personne subit ou subira des épreuves, qu’elle soit riche ou pauvre, belle ou laide, malade ou en bonne santé.

À ce propos, on peut lire dans le Coran :

 إِن يَمْسَسْكُمْ قَرْحٌ فَقَدْ مَسَّ الْقَوْمَ قَرْحٌ مِّثْلُهُ وَتِلْكَ الْأَيَّامُ نُدَاوِلُهَا بَيْنَ النَّاسِ

« Si une blessure vous atteint, pareille blessure atteint aussi le groupe. Ainsi faisons-Nous alterner les jours (bons et mauvais) parmi les gens (…) »

Ce verset est très fort, car il illustre nos vies : certains jours sont bons, et d’autres sont mauvais.

Dans ce verset qui a été révélé après la bataille de Ouhoud, Allah dit aux musulmans : « Si vous souffrez, alors soyez conscient que le groupe (sous-entendu l’ennemi) souffre aussi ».

Réalisez bien que si vous traversez des épreuves, vous n’êtes pas le seul.

C’est d’ailleurs le lot des êtres humains, comme on le lit dans le verset 126 de la neuvième sourate :

أَوَلَا يَرَوْنَ أَنَّهُمْ يُفْتَنُونَ فِى كُلِّ عَامٍۢ مَّرَّةً أَوْ مَرَّتَيْنِ

« Ne voient-ils pas que chaque année on les éprouve une ou deux fois ? »

4- Souvenez-vous qu’Allah est bon et miséricordieux

Rappelez-vous qui est Allah : le Très Miséricordieux, le Doux, le Généreux. Il se soucie de notre bien-être.

Un verset à ce propos est bénéfique pour ceux qui traversent des difficultés, dans la 4ème sourate, verset 29 :

وَلَا تَقْتُلُوٓا۟ أَنفُسَكُمْ ۚ إِنَّ ٱللَّهَ كَانَ بِكُمْ رَحِيمًۭا

« Ne vous tuez pas vous-mêmes. Allah, en vérité, est Miséricordieux envers vous. »

Ainsi, quand une personne veut mettre fin à ses jours, elle doit se souvenir qu’Allah est compatissant envers elle. Il est Miséricordieux et veut notre bien, et il prendra soin de nous.

5- Reconnaître que notre vie est prédestinée

Un des six piliers de la foi islamique est de reconnaître la prédestination. Ainsi, tout ce qui se produit a déjà été prédestiné, et notre destin à tous est déjà décidé.

Et justement, le fait de croire en la prédestination doit nous procurer un vrai soulagement.

Le Coran apporte certaines précisions, dans la 57ème sourate (sourate le fer), versets 22 et 23 :

« Nul malheur n’atteint la terre ni vos personnes, sans qu’il ne soit enregistré dans un Livre avant que Nous ne l’ayons créé. Et cela est certes facile à Dieu. Cela afin que vous ne vous tourmentiez pas au sujet de ce qui vous a échappé, et n’exultiez pas pour ce qu’il vous a donné. »

On a également un hadith d’Ibn Abbas dans ce sens, qu’on trouve dans le Sunan de l’imam Tirmidhi, qui a été authentifié par cheikh Al-Albani, qui dit : « J’étais une fois assis sur la monture du Prophète (asws) quand il me dit : “Observe les commandements d’Allah et Il te préservera. Observe les commandements d’Allah et tu le trouveras à tes côtés. Quand tu demandes quelque chose, demande-la à Allah. Quand tu as besoin d’aide, demande-la à Allah. Sache que si tout le monde s’associait pour te faire du bien, ils ne pourraient te faire que le bien qu’Allah a déjà écrit pour toi. Et sache que s’ils se rassemblaient tous pour te faire du mal, ils ne pourraient te faire que le mal qu’Allah a déjà écrit pour toi. Les plumes ont été levées et l’encre a séché”. [Tirmidhi, riyad as-salihin n°62, authentifié par sheikh al Albani]

A partir de ces informations, on doit comprendre certaines choses :

  • Ce que tu n’as pas obtenu, ça ne te t’était pas destiné.
  • Tout ce qui t’a atteint ne pouvait te rater

Par ailleurs, le Coran mentionne les hypocrites qui disaient : « Si ces hommes n’étaient pas partis au combat, ils n’auraient pas été tués. ». Dans la 3ème sourate, verset 154, Allah indique à son prophète la réponse à donner : « Dis : “Eussiez-vous été dans vos maisons, ceux pour qui la mort était décrétée seraient sortis pour l’endroit où la mort les attendait.”  »

On ne peut pas changer le destin préparé par Allah.

Un hadith rapporté par l’imam Ahmed et Mouslim précise qu’Allah a déterminé les choses 50 000 ans avant la création des cieux et de la terre.

En définitive, tout ce qui s’est produit était destiné : pourquoi avoir des regrets ?

Ainsi, on doit se rappeler de la prédestination [al-qadar] pour nous réconforter vis-à-vis du passé. Néanmoins, on ne doit pas s’en servir comme excuse pour le futur. La prédestination, ce n’est pas un prétexte à l’inaction. Le musulman doit travailler et faire les causes, et c’est Allah qui contrôle tout.

Le prophète (asws) a dit que quand Adam a rencontré Moussa dans l’autre monde, et ce dernier a critiqué Adam, en lui disant : « Ô notre père Adam ! Pourquoi as-tu mangé de l’arbre ? Et pourquoi as-tu causé l’expulsion du Paradis ? » Et Adam a répondu : « Ô mon fils, tu ne sais pas qu’Allah a décrété cela 50 000 ans avant qu’il ne me crée ? Comment peux-tu me critiquer pour une chose qu’Allah a décidé ? ». Et le prophète (asws) a alors dit qu’Adam avait gagné son débat avec Moussa. Adam n’a pas justifié son péché par le destin, mais c’est la descente sur la terre qu’il explique par le qadar. En fait, Allah avait prédestiné que l’humanité descende sur cette terre.

Le passé est le passé, il aurait été impossible de la changer car Allah a décidé que ça se produirait ainsi ! C’était déjà écrit !

Donc il faut se tranquilliser et s’en remettre à Dieu.

On en arrive à présent au 6ème point, lié au précédent.

6- Soyez content de ce que vous avez

La prédestination conduit à une notion qu’on appelle [qana3a], qu’on peut traduire par le « contentement ».

Soyez satisfait de ce que vous avez, et essayez de ne pas vouloir toujours plus. La vraie joie est celle du cœur, ce ne sont pas les biens qui nous rendent heureux.

Il faut suivre le conseil du prophète (sws) qui nous a dit : « Regardez celui au-dessus de vous dans la religion, et regardez ceux en-dessous de vous concernant la dounia », c’est-à-dire concernant le monde terrestre et les possessions.

Il y a toujours des gens qui ont moins de choses que vous, et si vous avez des difficultés, sachez que d’autres personnes ont des difficultés encore plus grandes.

Le prophète a également dit : « Celui d’entre vous qui se réveille le matin en sécurité, en bonne santé et avec de la nourriture pour la journée, c’est comme si ce monde entier lui avait été donné, et il a tout ce dont il a besoin. »

On veut une plus grande maison mais on ne réalise pas notre chance d’avoir un toit.

On veut une meilleure nourriture mais on a déjà de quoi manger.

Il ne faut donc pas être ingrat mais être reconnaissant à Allah pour ces bienfaits qui nous semblent acquis, mais il faut bien avoir en tête que tout le monde n’a pas ce privilège.

Cessons donc de vouloir toujours plus, et soyons satisfait de ce qu’Allah nous a donné.

7- Comprendre que l’anxiété, le stress, la détresse et la dépression sont parfois des armes utilisées par Sheytan

Sheytan utilise tous les moyens pour nous faire du mal, et la dépression est une de ses techniques.

Ce mal-être ne vient pas forcément de nous-même, il peut venir des insufflations de Sheytan. En comprenant ceci, on peut réaliser que ce n’est pas de notre faute, et cela peut nous donner du recul.

Il faut donc avoir en tête que Sheytan est notre ennemi et qu’il complote contre nous, et la dépression fait partie de ses outils.

Ainsi, dans certains cas, et pas dans tous bien sûr, la dépression peut venir directement de Sheytan lui-même.  Pourquoi va-t-il utilisera cette méthode ? Eh bien il va s’en servir pour que nous ayons une vie difficile et pour que nous nous éloignions d’Allah, et que nous nous refermions sur nous-même.

8- Réfugiez-vous dans les actes d’adoration : prière, invocations, rappel

C’est la réalité de notre vie terrestre : les musulmans doivent s’efforcer de canaliser ces douleurs pour se rapprocher de leur seigneur. La prière, les invocations, le rappel, tout cela sera une aide pour dépasser ces difficultés.

Ainsi, Aicha raconte qu’à chaque fois que le prophète (sws) était inquiet, il se dépêchait d’aller prier. Le prophète disait à son compagnon Bilel : « fais l’appel à la prière pour que nous nous tranquillisions ». Et il disait aux compagnons : « Allah a mis la tranquillité de mon cœur dans la prière ».

Et d’ailleurs on lit dans le Coran : « n’est-ce pas dans le rappel d’Allah que les cœurs se tranquillisent ? ».

Ainsi, l’un des grands moyens de combattre la dépression est l’invocation, le dou3a. L’invocation ouvre une communication avec Allah swt, on peut Lui demander ce qu’on veut, nous confier à Lui et même nous plaindre de la situation, il n’y a pas de problème à cela, tant que nous ne plaignions pas d’Allah lui-même (qu’Allah nous en préserve).

On le voit bien dans le Coran, lorsque Ya’qoub le père de Youssouf s’est fait critiquer par ses fils, qui lui ont dit « quand vas-tu arrêter de te plaindre à propos de Youssouf ? » Qu’a répondu Ya’qoub ? « Mes plaintes ne sont pas adressées à vous ; je me plains à Allah »

Donc, en cas de difficultés, levez-vos mains et ouvrez votre cœur à Allah swt. C’est la meilleure des conversations que vous pouvez avoir. Parlez Lui de vos problèmes. On peut Lui dire, comme l’a fait Ayyoub : « Ô Allah tu connais ma situation, et tu es le plus miséricordieux des miséricordieux » ou comme Yunus, qui a invoqué des entrailles de la baleine : « Laa ilaha illa anta soubhanaka inni kountou mina-z-zalimines ».

Ce sont des invocations qu’on fait les prophètes lorsqu’ils étaient anxieux, tristes ou inquiets.

Nous arrivons à notre neuvième et dernier point :

9- Rappelez-vous que la victoire future est réservée aux croyants

Vous devez garder en tête qu’Allah a toujours donné la victoire finale aux croyants sincères et musulmans, soumis à Lui. Si ce n’est pas la victoire dans cette vie, alors ce sera la victoire dans l’au-delà.

Allah dit dans le Coran, après la défaite de Ouhoud, lorsque l’armée musulmane était traumatisée par : « ne vous sentez pas faibles, et ne soyez pas tristes, car vous serez les victorieux si vous avez la foi ».

Il est vrai que la foi n’est pas la seule solution pour régler les problèmes de dépression. Toutefois, de façon générale, on ne peut tirer que des bénéfices d’un cadre familial épanoui, d’une communauté présente, de bons amis, et surtout d’une foi forte.

La foi aide, même si elle ne peut pas tout résoudre : parfois, on a besoin d’une thérapie, parfois de médicaments, mais en tout cas la foi en Allah ne vous nuira jamais : croire en Allah ne vous apportera que du bien.

À retenir : les symptômes de la dépression

Au demeurant, quels sont les symptômes de la dépression ? Cela peut aider par rapport à nous-même ou bien notre entourage. Bien sûr la liste n’est pas exhaustive et ne remplace pas une consultation avec un spécialiste.

  1. Se sentir vide, triste, ne pas se sentir heureux pour des choses qui devraient nous apporter de la joie ;
  2. Se sentir coupable, perdre tout intérêt aux plaisirs et bonheurs de la vie, être replié sur soi ;
  3. Toujours s’accuser et se faire des reproches, ou accuser le monde de tous les maux, sentir en permanence que la vie est injuste. Quoi qu’il se passe, on se sent toujours morne et triste. On se concentre sur le négatif plutôt que sur le positif ;
  4. Se sentir inutile, sans valeur. Penser qu’on ne devrait peut-être pas être vivant, être sur terre. Que le monde serait meilleur sans nous (ce message vient clairement de Sheytan) ;
  5. Point très important : réfléchir fréquemment à quitter ce monde, en y pensant de façon morbide. Il ne s’agit pas de faire des rappels de la mort (en se disant : « la mort arrive bientôt, je dois laisser de bonnes choses derrière moi, faire le bien, aider les autres… »), mais plutôt penser à la mort de façon noire, penser au suicide, à se faire du mal. Ceci est un signe alarmant, signe de dépression.

Conclusion

Si vous sentez être atteint par ces maux, demandez de l’aide autour de vous, à votre communauté, à vos amis et proches. Ces problèmes ne doivent pas rester tabous.

Par ailleurs, nous ne devons pas dédaigner les professionnels du milieu de la psychologie et de la psychiatrie. Il y a là des gens qui ont étudié pendant des années voire des décennies, qui ont beaucoup d’expérience et peuvent nous aider. Ils en savent bien plus que la personne lambda.

Ne pensez donc pas faire quelque chose de mauvais ou de non-islamique en allant consulter ces spécialistes.

Enfin, ayant bien en tête que le monde terrestre est un monde de difficultés, c’est seulement dans l’au-delà que les problèmes s’arrêteront (si Allah nous accorde la grâce du Paradis). C’est la « demeure de la paix » (Dar-ous-Sâlam). Ainsi, d’après le Coran, la première parole des gens du Paradis sera :

وَقَالُوا۟ ٱلْحَمْدُ لِلَّهِ ٱلَّذِىٓ أَذْهَبَ عَنَّا ٱلْحَزَنَ ۖ إِنَّ رَبَّنَا لَغَفُورٌۭ شَكُورٌ

ٱلَّذِىٓ أَحَلَّنَا دَارَ ٱلْمُقَامَةِ مِن فَضْلِهِۦ لَا يَمَسُّنَا فِيهَا نَصَبٌۭ وَلَا يَمَسُّنَا فِيهَا لُغُوبٌۭ

« Louange à Allah qui a écarté de nous l’affliction. Notre Seigneur est certes pardonneur et reconnaissant. C’est Lui qui nous a installés, par Sa grâce, dans la demeure de la stabilité où nulle fatigue, nulle lassitude ne nous touche. »

(Coran, sourate 35, versets 34-35)

Nous vivons tous des choses compliquées, à nous de canaliser ces épreuves afin qu’elles nous permettent d’avancer. Nous faisons notre mieux pour gagner la bénédiction d’Allah et Ses récompenses, afin, un jour si Allah le veut, de pouvoir faire partie de ces gens qui entreront au Paradis en toute tranquillité.

Qu’Allah fasse de nous des gens du Paradis et nous facilite nos épreuves !

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One Response

  1. dauphins says:

    Je suis bien d’accord avec vous, merci pour ce bon post

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