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La préservation du Coran

La préservation du Coran

Coran ouvert

Il est communément admis que les Saintes écritures (comme la Torah ou la Bible), ont subi des modifications ; ainsi, les différentes versions et traductions de ces ouvrages sont innombrables, et il est difficile, sinon impossible, de trouver et travailler sur des exemplaires originaux.

Partant, l’auteur du Coran fait une prédiction audacieuse, en affirmant qu’a contrario, ce livre sacré serait préservé :

« Vraiment, c’est Nous qui avons fait descendre le rappel (Coran), et c’est certes Nous qui en sommes gardien »

Coran, sourate 15, « Al-Hidjr », verset 9

Le « Nous » utilisé dans le verset est un « Nous » de majesté (qui désigne Allāh), il est souvent utilisé dans le contexte d’une prouesse exceptionnelle voire surnaturelle.

Cette prédiction s’avère véridique : aujourd’hui, le Coran est partout identique, dans sa version originale en arabe, peu important l’endroit où l’on se trouve. Les seules différences se retrouvent au niveau des accents et des signes de vocalisation et syllabation (qui varient selon les différentes lectures du Coran, puisqu’il existe dix façons de lire le Coran, la lecture « Hafs » étant la plus utilisée dans le monde musulman).

Pour revenir au verset susmentionné, on peut se poser la question suivante : comment l’auteur du Coran aurait-il pu prédire, il y a 1400 ans, que ce livre resterait préservé jusqu’à aujourd’hui ? D’autant que, lorsque cette sourate a été révélée, les musulmans étaient très peu nombreux, et le Coran n’avait pas encore été retranscrit entièrement sur un support fixe.

En outre, des périodes difficiles ont suivi la révélation coranique : après la mort du prophète Mouhammad ﷺ en 632, les musulmans ont conquis des territoires et, suite aux nombreuses conquêtes, beaucoup de mémorisateurs du Coran ont succombé dans les batailles. De plus, des divisions internes sont nées sous le califat du gendre et cousin du prophète, ‛Ali (qu’Allah l’agrée) ; beaucoup de musulmans sont morts suite aux conflits liés à l’exercice du pouvoir. Toutefois, le travail de consignation du Coran, commencé dès le vivant du prophète ﷺ, a été rigoureux et a permis la conservation de ce texte, nonobstant les troubles existants à cette époque.

Par la suite, avec l’expansion de l’islam, beaucoup de mots étrangers ont été introduits dans la langue arabe. La religion musulmane a également pénétré des territoires très variés, de l’Europe à l’Extrême-Orient. Ceci n’a toutefois pas nui au texte coranique ; aucun changement n’a été apporté au texte (malgré certaines volontés d’amendement qui ont surgi ici et là). Les dialectes arabes se sont multipliés, mais l’arabe littéraire du Coran reste préservé ; le texte coranique n’a pas souffert de son entrée dans des territoires aux langues étrangères.

De plus, les arabes sont devenus minoritaires parmi les musulmans : ils représentent aujourd’hui environ 30 % des musulmans. Pourtant, ce livre est resté tel quel, malgré les influences potentielles des peuples non arabophones. L’arabe littéraire reste étudié aussi bien en Indonésie qu’au Sénégal, dans le but principal d’approfondir l’étude du Coran. À l’inverse, nous voyons que l’épreuve du temps a eu raison d’autres Écritures saintes, qui ont très vite subi des altérations, voire ont totalement disparu (on peut ainsi méditer sur les controverses autour des évangiles apocryphes).

Soulignons aussi la remarquable stabilité de l’arabe littéraire. Au XXIème siècle, des millions locuteurs arabes peuvent lire et comprendre le Coran et les paroles prophétiques (ahadith) datant du VIIème siècle.

Or, aujourd’hui, un locuteur français aurait beaucoup de mal à lire un texte de l’ancien français. Pour l’illustrer, évoquons ce passage de La Chanson de Roland, un texte datant du XIème siècle :

Derniers vers de la Chanson de Roland, où l’ange Gabriel vient annoncer à Charlemagne qu’il doit aller secourir d’autres chrétiens. Texte en ancien français édité par l’historien Léon Gautier.

Cet exemple est comparable dans d’autres langues : on peut penser à l’anglais de Shakespeare ou l’allemand de Goethe, difficilement accessibles pour les gens de notre siècle.

Ainsi, la facilité d’apprentissage de l’arabe littéraire, du moins pour ses rudiments, interpelle.

« Vraiment, Nous l’avons fait descendre : un Coran en [langue] arabe, afin que vous raisonniez. »

Coran, sourate 12, « Yoūssouf » (Joseph), verset 2

En définitive, la prédiction annoncée dans le Coran se vérifie donc : le texte sacré reste préservé depuis plus de 1 400 ans et se montre remarquablement facile d’accès.

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