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Prédiction du Coran : une victoire prochaine des Romains

Prédiction du Coran : une victoire prochaine des Romains

 « Alif. Lām. Mīm. Les Romains ont été vaincus, dans les parties les plus proches / basses du pays. Mais après leur défaite, ils vaincront à leur tour, dans quelques années. L’ordre appartient à Allah, avant et après. En ce jour-là, les croyants se réjouiront.»

Coran, sourate 30, « Ar-Roum » (Les Romains), versets 1- 4

Ce verset, révélé pendant la période mecquoise (avant 622), évoque une déroute militaire de l’Empire Romain d’Orient contre les Perses: « Les Romains ont été vaincus ».

Vers 615-619, l’Empire byzantin [1] subit en effet une lourde défaite contre les Perses, sur les abords de la Mer Morte.

Cette bataille fut un nouveau revers pour l’empereur Héraclius. Les agressions des peuples Avars et Slaves s’étaient auparavant multipliées, et plusieurs villes de Dalmatie avaient déjà été capturées, comme Singidunum (Belgrade), Sardica (Sofia) ou Jérusalem. Au moment de cette énième défaite, les Byzantins sont à genoux, et le cœur de l’empire, Constantinople, est alors menacé par les Perses.

Pourtant, contre toute attente, cette sourate prévoit la victoire prochaine des Byzantins. En effet, il y est indiqué que les Romains « vaincront à leur tour, dans quelques années » ; les mots فِى بِضۡعِ سِنِينَ‌ [fī bid‛ sinīn(a)], traduits par « dans quelques années », expriment une période allant de trois à neuf ans.

Or, quelques années après la révélation de ce verset (sept ans très exactement), les Byzantins remporteront une bataille décisive contre les Perses. Pour réussir ce coup d’éclat, Héraclius réorganisa en profondeur l’économie de son empire, diminua le solde des fonctionnaires, augmenta les impôts, sévit contre les fonctionnaires corrompus et reçut l’appui du clergé. Un prêt de guerre, basé sur la fonte des métaux précieux d’édifices religieux, permit la contre-offensive en 622. La bataille de Shahrbaraz fut une victoire éclatante pour Héraclius, qui fit preuve d’une tactique audacieuse pour prendre à revers l’armée perse. En 626, le siège de Constantinople fut repoussé, et en 627, l’empereur byzantin, allié aux Khazars, parvint devant Ninive et infligea une cinglante défaite aux Perses. L’empereur perse Khosro II perdit le pouvoir en 628, ce qui conduit à la victoire des Romains.

Heraclius soumet Khosro II (1160-1170)

Un verset prémonitoire

Ainsi, ce verset étonne par sa précision : il annonce la victoire inattendue de l’Empire romain d’Orient contre les Perses, et ce dans un délai précis. Si les prétendus auteurs (humains) du Coran avaient tenté de deviner le vainqueur, « ils » auraient sûrement opté pour les Perses, vu leur position de force à l’époque du verset. De plus, pour ne pas risquer une contradiction ultérieure, « ils » auraient sans doute opté pour une prédiction vague et non délimitée dans le temps (comme : « ils gagneront bientôt »). Or ici c’est tout l’inverse, puisqu’un laps de temps est avancé !

Le texte coranique est encore une fois catégorique, et ne souffre d’aucune ambiguïté. Notons enfin que les trois versets susmentionnés, relatant l’événement, se finissent par la sonorité « -oum » ou « -oun » (des sonorités qui reviennent souvent dans le Coran). Ceci ajoute à la beauté du passage (l’essentiel des 60 versets de cette sourate adoptent d’ailleurs ces deux rimes).


[1] Bien que très utilisée aujourd’hui, la dénomination « byzantin(e) » n’était pas employée par les citoyens de l’Empire romain d’Orient. Cet empire était appelé « empire des Romains » ou « monarchie romaine », tandis que ses habitants ne se considéraient pas comme « Byzantins » mais comme « Romains ».

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