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Discussion autour d’un verset – S. 33, v. 40 : « Mouhammad n’est le père d’aucun de vos hommes »

Discussion autour d’un verset – S. 33, v. 40 : « Mouhammad n’est le père d’aucun de vos hommes »

 

Dans cette vidéo, nous étudions le verset 40 de la sourate 33 :
« Mouhammad n’est père d’aucun de vos hommes, mais messager d’Allah et le dernier des prophètes. Et Allah demeure savant de tout. »

Ce verset est intéressant sur 3 aspects :
– Il établit une règle de droit (pas de filiation entre fils et père adoptifs)
– Il est exact et sans complaisance vis-à-vis du prophète
– Il illustre l’intervention d’Allah et montre encore que le Coran est la parole de Dieu.

Cette vidéo se base sur l’exégèse d’Ibn Kathir et l’histoire du prophète (paix et bénédiction sur lui).

Vous trouverez ci-dessous la retranscription de la vidéo.

Retranscription de la vidéo : « Discussion autour d’un verset : sourate 33, verset 40 du Coran »

Bismillahi Rrahmani Rrahim

Salâm ‘aleykoum wa rahmatoullah,

Bonjour / Bonsoir à tous,

Aujourd’hui nous allons étudier un verset particulier du Coran, et en tirer certaines conclusions. Voici le verset en question :

  مَّا كَانَ مُحَمَّدٌ أَبَا أَحَدٍ مِّن رِّجَالِكُمْ وَلَكِن رَّسُولَ اللَّهِ وَخَاتَمَ النَّبِيِّينَ وَكَانَ اللَّهُ بِكُلِّ شَيْءٍ عَلِيمًا

« Mouhammad n’est père d’aucun de vos hommes, mais messager d’Allah et le dernier des prophètes. Et Allah demeure savant de tout. »

Coran, sourate 33, « Al-Ahzāb » (Les coalisés), verset 40

Ce verset est tiré de la 33ème sourate, appelée la sourate des « coalisés », et il s’agit d’une sourate médinoise, donc elle est assez tardive (en effet, elle semble avoir été la 90ème sourate révélée). Ce verset vient affirmer que le chef des musulmans n’était le père d’aucun homme, et il vient rétablir une vérité que certains contestaient, comme nous allons le voir.

On va faire d’abord un peu d’histoire sur la vie du prophète (1) puis étudier ce verset (2) et en discuter avant d’en tirer des conclusions (3)

1- Histoire de la vie du prophète, en lien avec ce verset

Pour rappel, le prophète Mouhammad a eu deux fils de sa première femme Khadīdjah, il s’agit de Al Qassim et ‘Abd Allah, aussi appelé At-Tayyib (le bon) ou Al-Tahir (le pur). Mais les deux garçons sont morts en bas âge.

Plusieurs années après la mort de Khadīdjah, Mouhammad épousa Maria la copte, qui enfanta Ibrāhīm, mais ce dernier succomba d’une maladie à l’âge de 16 ou 18 mois.

Aucun des fils de Mouhammad n’atteignit donc l’âge de la puberté. Seul son fils adoptif Zayd, l’un des premiers convertis à l’islam, atteint l’âge d’homme. À l’époque préislamique, le fils adoptif était considéré comme l’enfant à part entière de l’adoptant ; dès lors, on assimilait Zayd au fils biologique du prophète.

2- Révélation du verset

Ce verset tardif vient exclure le supposé lien de parenté entre Mouhammad et son fils adoptif Zayd. Le Coran affirme clairement qu’un fils adoptif n’est pas assimilé à un fils biologique. De fait, suite à ce verset (ainsi qu’à un autre verset), Mouhammad n’est plus considéré comme le « père » de Zayd, par conséquent, on peut dire que Mouhammad n’est le père d’aucun homme.

L’expression arabe utilisée dans ce verset désigne clairement l’homme (pubère), et non le garçon. En effet, le terme رِّجَالِكُم [r-ridjālikoum] signifie « vos hommes », et ce mot exclut les femmes et les enfants.

Notons que les premiers hommes issus de la lignée de Mouhammad furent les petits-enfants du prophète, nés de sa fille Fātimah : Al-Hassan et Al-Houssayn. Toutefois, ces derniers n’atteignirent pas l’âge d’homme pubère du vivant du prophète. Autre détail, Mouhammad perdit sept de ses huit enfants de son vivant, et sa fille Fātimah décéda six mois après lui.

Ce passage dit donc vrai. Si Mouhammad avait eu le moindre fils au-delà de l’âge de la puberté, le verset eût été contredit. De même, le terme « hommes » utilisé dans le verset est parfaitement adapté, puisque Mouhammad a eu des filles (devenues femmes) et des garçons, mais pas d’hommes.

3- Discussion et conclusion

Déjà, il faut noter que cette précision n’est pas nécessairement à l’avantage de Mouhammad ; dans l’Arabie du VIIème siècle, l’honneur tenait une place importante, et être dépourvu de descendance mâle pouvait être ressenti comme une humiliation.

Il était généralement mal perçu de n’avoir pas d’enfant, ou de n’avoir que des filles (ce qui fut le cas du prophète). D’ailleurs, parfois, certaines personnes méchantes donnaient un sobriquet au père qui n’avait pas eu de garçon : c’était le surnom « abtar » (le coupé / mutilé), qui par extension prend le sens de « impuissant ». D’ailleurs, un homme a justement profité de ce fait pour insulter la personne de Mouhammad en utilisant ce mot, et cela a occasionné la révélation de la plus courte sourate du Coran : la 108ème sourate, nommée « Al-Kawthar » (l’abondance). Nous aurons l’occasion d’en parler davantage une autre fois, inchâ Allah.

Ce détail du Coran, s’il rétablit une vérité factuelle, ne semble pas être en faveur du chef des musulmans. Quel homme se vanterait de n’avoir pas de descendance mâle ? Cela est d’autant plus étonnant dans une société aussi patriarcale que celle de l’Arabie au VIIème siècle. On peut donc être surpris qu’un tel constat paraisse dans le Coran, et soit inscrit dans la postérité.

Ces versets accréditent de nouveau la théorie d’un discours dicté par une autre entité, qui est extérieure au prophète ; les propos ne sont pas complaisants à l’égard de Mouhammad (même si le verset consolide sa position de messager de Dieu).

En outre, ils s’avèrent tout à fait exacts et d’une grande précision dans les mots utilisés.

Tout ceci est un indice supplémentaire que le prophète Mouhammad l’origine du Coran, mais qu’il émane au contraire d’Allah, le Dieu unique.

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