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Conférence mosquée – 10 juin 2018 – Présentation de mon parcours vers l’islam et des leçons que j’en ai tirées

Conférence mosquée – 10 juin 2018 – Présentation de mon parcours vers l’islam et des leçons que j’en ai tirées

Dans cette conférence du 10 juin 2018, je retrace de nouveau mon parcours vers l’islam, et les enseignements que j’en ai tirés.

Ayant eu plus de temps que ma précédente conférence, j’ai pu aborder d’autres aspects : comportement avec ma famille, difficultés diverses, etc.

Vous pouvez trouver la retranscription de cette conférence ci-dessous :

Conférence du dimanche 10 juin 2018

As-salam ‘aleykoum wa rahmatoullah

Bismillah, alhamdoulillah, wa salatou wa salam ‘ala rassoulillah, wa ‘ala ālihi wa sahbihi wa man wala

‘amma ba’d

Le but de mon intervention, quel est-il ? Il ne s’agit pas de parler simplement de ma personne ou de mon livre ; c’est au contraire un exposé plus profond.

  • Je souhaite vous parler de mon parcours qui a débouché sur la conversion à l’islam
  • Puis j’aimerais vous parler de l’écriture de mon livre intitulé « Miracles et signes divins dans le Coran », commencé en 2015 et terminé en 2017.
  • Ensuite je vous exposerai quelques signes divins du Coran qui m’ont personnellement marqué
  • Et enfin, je vous partagerai des enseignements que j’ai tirés de mes 4 années d’islam

Mon parcours

Je suis âgé de 29 ans et j’ai des origines franco-allemandes.

Après mon parcours au collège et au lycée, j’ai fait des études de droit à Paris, j’ai eu deux Master 2 et j’ai obtenu mon diplôme d’avocat en 2013. Depuis j’ai essentiellement travaillé dans le domaine de l’enseignement, dans des collèges ou lycées publics et privés.

Je suis issu d’une famille chrétienne catholique mais néanmoins peu pratiquante, j’ai tout de même été baptisé. Étant donné que j’étais l’aîné, mes parents ont insisté sur l’éducation religieuse et j’ai donc fait mon catéchisme, en faisant la communion et la confirmation (qui sont deux sacrements chez les chrétiens catholiques).

J’ai donc appris des principes chrétiens, et nous allions occasionnellement à l’église. Néanmoins cela restait rare et nous parlions peu de religion à la maison.

Au fur et à mesure du temps je me suis éloigné du christianisme pour avoir un point de vue plutôt déiste voire agnostique. Les études m’ont tenu éloigné de la religion.

Par contre je priais chaque soir et je maintenais un lien spirituel avec Dieu.

Découverte de l’islam

Comment je me suis intéressé à l’islam ?

Je n’avais jamais été pour ni contre l’islam auparavant. J’avais des amis musulmans dès le lycée, et certains principes de l’islam me plaisaient, comme la zakat. Ca m’était plutôt indifférent. Je n’avais aucune animosité envers eux, même vis-à-vis des voilées, ça m’était égal.

J’ai toujours été intéressé par les sujets liés à l’au-delà, à notre avenir après la mort. J’ai toujours été fasciné par les NDE (near death experiences), c’est-à-dire les expériences de mort imminente, où des gens sont décédés pendant un certain moment et sont revenues à la vie. Ils ont vu une lumière blanche et des voix qui leur ont dit que ce n’était pas leur moment. Il y a des milliers de témoignages comme cela.

J’écoutais parfois des émissions sur le sujet, mais l’élément déclencheur a été la fin de mes études. C’est vraiment là que j’ai enfin eu le temps de creuser ces questions que je n’avais pas eu le temps d’approfondir.

Visionnage de vidéos concernant l’histoire de l’islam

En 2013, je suis tombé sur des vidéos YouTube parlant d’histoire et de politique, et cela m’a fait prendre du recul sur ce que j’avais appris à l’école, et j’ai perdu certaines illusions que j’avais par rapport au monde qui m’entourait.

Puis je suis tombé sur des vidéos à propos de l’histoire des musulmans et de l’islam, à propos des conquêtes et des croisades. J’en ai écouté beaucoup, et cet aspect historique m’a beaucoup plu. Ensuite, les récits des compagnons et du prophète (‘aleyhi salatou wa salam) m’ont inspiré, et ont nourri ma soif d’en savoir plus.

Ce qui m’a d’abord frappé, ce sont les points communs entre l’islam et le christianisme. J’ai été très surpris de découvrir que Jésus (‘Issa – ‘aleyhi salam) était un prophète chez les musulmans.

Lecture d’une traduction du Coran et d’une biographie de Mouhammad

Suite à cela, je me suis penché sur le Coran. J’ai parlé de mon intérêt de l’islam à une amie de lycée, et elle m’a offert un mouss-haf (exemplaire du Coran) ainsi qu’une biographie du prophète (‘aleyhi salatou wa salam), écrite par Etienne Dinet (rahimahoullah).

J’ai commencé à lire ces deux livres en même temps.

Découverte du livre « La Bible, le Coran et la science »

Fin 2013, à un mariage à Strasbourg, j’ai rencontré un converti à l’islam, qui était issu d’une famille de Témoins de Jéhovah. Il m’a alors conseillé le livre La Bible, le Coran et la science écrit par Maurice Bucaille (rahimahoullah).

Pour rentrer à Paris, j’ai pris un covoiturage, et il s’avère que les conducteurs étaient des musulmans originaires de Nancy. Nous avons discuté et je leur ai parlé de mon intérêt pour l’islam, et de ce livre de Maurice Bucaille.

Pendant le voyage, ils devaient faire un passage à leur domicile et Nancy, et voilà que l’épouse du conducteur m’amène le livre de Maurice Bucaille dont je venais de parler ! Elle l’avait en fait dans sa bibliothèque.

Les jours suivants j’ai dévoré le livre et ma foi se raffermit. J’ai eu le sentiment de toucher à la vérité ; plus je faisais des recherches et plus j’étais convaincu que l’islam était la religion à suivre.

Je suis également tombé sur des vidéos de prêcheurs américains, comme Yusuf Estes ou Nouman Ali Khan, qui parlaient d’autres aspects miraculeux du Coran. Peu à peu, je devenais de plus en plus convaincu et je réfléchissais à franchir le pas. Finalement, je me mis à apprendre comment faire la prière selon les règles islamiques.

Soumission à Allah

J’étais donc touché par le message de l’Islam et par les enseignements du Prophète mais Je n’avais pas franchi le pas. Je reportais toujours le moment de mon attestation de foi.

Ma chahada [attestation de foi]

La famille que j’avais rencontré lors du covoiturage m’avait invité à venir lors de la rencontre annuelle des musulmans de France (RAMF), fin avril 2014.

Sur place j’ai rencontré beaucoup de personnes intéressantes et je discutais avec quelques musulmans. L’un d’entre eux m’interpella et était étonné que je connaisse autant de choses sur l’islam. Il était très surpris que je ne sois pas encore musulman, et moi je lui faisais part de mes hésitations. Il me dit alors qu’on se trouve toujours des excuses… Par exemple, on se dit : “aujourd’hui ce n’est pas le moment”, “ce sera pour une autre fois”… Et il m’a cité une excuse qui m’a marqué : “je suis fatigué”… et justement c’est l’excuse qui m’étaient venue à l’esprit juste avant qu’il en parle !

J’ai interprété cela comme un signe, et cela m’a poussé a accepté la proposition de ses frères donc je me suis converti sur place, en présence de deux imams (NDLR : en arabe, le pluriel de « imam » n’est pas « imams » mais « a’imah« ). Alhamdoulillah.

J’ai nommé ce chapitre “soumission à Allah” car pour moi ma conversion n’était pas un choix, c’était un devoir ; j’avais toutes les preuves devant moi, et je devais l’accepter.

Si j’avais refusé de me convertir, ça aurait été nier la vérité qui était devant mes yeux.

Suite à cela, vient la question du “pourquoi” de l’écriture de mon livre sur le Coran.

Pourquoi j’ai écrit ce livre

Après ma conversion à l’islam, j’ai commencé à apprendre ma religion, à maîtriser les règles de la prière, à fréquenter la mosquée proche de chez moi, à travailler…

Toutefois, j’ai été éprouvé par des baisses de foi. Même si je restais régulier dans ma pratique, je ressentais des doutes.

Du coup, j’ai entrepris de noter dans un carnet les miracles et signes divins du Coran. Quand je les lisais, je me disais : “Ah oui quand même, on voit bien que des humains n’ont pas pu écrire ce livre !” C’était sans cesse un rappel.

Puis j’ai voulu aller plus loin donc j’ai commencé à détailler ces miracles et à traduire du contenu anglais. Petit à petit, en prenant dans mon temps libre, j’ai pu étoffer ce brouillon et l’idée d’un livre a germé dans ma tête.

Un livre clair qui va droit au but

Le but était de compiler les miracles et signes divin dans le Coran, en enlevant toutes les choses ambiguës ou sur laquelle il n’avait pas de preuve forte.

Je voulais aussi être synthétique parce qu’il existe déjà des ouvrages sur le sujet, mais ils me paraissent trop longs et difficiles à lire. Donc le choix de la concision et de la pertinence a guidé mon travail, et c’est finalement fin 2017, après un long travail, que j’ai pu publier mon livre.

A présent j’aimerais vous exposer rapidement quelques points du livre, des signes divins qui ont fait forte impression sur moi.

Quelques miracles et signes divins qui m’ont marqué

Le placement des mots

Le verset 143 de la 2ème sourate dit : « Nous avons fait de vous une communauté du juste milieu » (« oummatan wassatan »). Or, le verset 143 est situé au milieu de la 2ème sourate, qui compte 286 versets.

Biologie

Dans le Coran, on lit ( notamment sourate 23) que l’homme provient d’une ‘alaqah. En arabe ce terme a 3 sens : « caillot de sang », « adhérence, quelque chose qui s’accroche » et « sangsue ». C’est un mot tout à fait juste pour désigner l’embryon à ce stade.

‘Issa et Adam

Un des miracles les plus évidents qui m’a marqué est les occurrences de ‘Issa et de Adam dans le Coran.

Ces deux prophètes n’ont pas de père et tous les deux sont cités 25 fois très exactement dans le Coran.

De plus, il y a un seul verset dans le Coran où les deux sont cités ensemble, et avant ce verset ‘Issa est cité 6 fois, et Adam 6 fois également, et après ce verset ils sont cités 18 fois.

De plus, la 19ème apparition de ces deux prénoms est à la 19ème sourate.

L’adresse aux Israélites

En parlant de ‘Issa, il est intéressant de noter que dans le Coran, ‘Issa s’adresse aux Israélites en disant : « Ya Bani Israil » [Ô fils d’Israël], alors que Moussa dit « Ya Qawmi » [Ô mon peuple]. Jamais ‘Issa ne dit « Ya Qawmi ». C’est logique car il ne fait pas partie du peuple, puisqu’il n’a pas de père.

« Yathrib»

Yathrib est l’ancien nom de Médine. Il n’apparaît qu’une fois dans le Coran, et c’est de la bouche des hypocrites. Ceci n’est pas étonnant, car ils n’apprécient pas la venue du prophète, et le fait qu’on ait rebaptisé la ville.

Palindromes

On observe deux palindromes dans la sourate 74, verset 3, et dans la sourate 36 Ya-Sin , verset 40

Histoire du prophète Youssouf en Égypte

Dans la sourate Youssouf, on parle toujours du dirigeant comme d’un « Malik» (le nom est cité (5 fois) alors que la scène se passe en Égypte, et que le nom de Fir’aoun est celui qui revient le plus souvent dans le Qur’an (plus de 80 fois). Pourquoi ? D’après les historiens, Youssouf aurait été en Egypte pendant la période des roi Hyksos, la XVème dynastie d’Égypte, au XVIème siècle avant Jésus-Christ.

Ce sont des signes parmi d’autres que j’ai cités dans mon livre.

Je vais maintenant passer à ma dernière partie, sur les enseignements liés à ma conversion.

Enseignements liés à ma conversion

Le bienfait de l’islam

C’est un vrai bienfait d’être musulman. On le comprend quand on n’a pas grandi dans une famille musulmane. Sans la religion, on ne comprend pas bien notre vie, on ne comprend pas nos épreuves, il y a toujours un doute qui est en nous.

Instruisez-vous

Soyez toujours à la recherche de savoir : invocation “Rabbi zidni ‘ilma” ou “Allahoumma inni as’alouka ‘ilman nafi’an wa rizqan tayyiban wa ‘amalan moutaqabbalan”. Je pense qu’il ne faut jamais s’arrêter de chercher, et se dire que le cerveau a de grandes ressources qu’on n’utilise pas assez. Pour moi, l’omniprésence des écrans, des téléphones et des réseaux sociaux est souvent nuisible pour l’apprentissage et la recherche, c’est pour ça que j’essaye de les limiter

Les objectifs ?

Il n’est pas toujours nécessaire d’avoir des objectifs précis pour accomplir des choses : je n’avais pas l’objectif d’écrire un livre, pourtant cela s’est fait avec du travail, beaucoup de travail.

Les baisses de foi

Acceptez les baisses de foi, et luttez pour renforcer votre “iman” : beaucoup de personnes culpabilisent lorsqu’ils ressentent une baisse de foi, et c’est tout à fait légitime. Même à l’époque du prophète (‘aleyhi salatou wa salam), beaucoup ont douté et ont osé ne pas croire. Nous avons du mérite de croire en son message, alors que nous ne l’avons jamais rencontré.

De ce point de vue, il me semble contre-productif de s’accabler en cas de baisse de foi, car la foi peut fluctuer. Je vois qu’il y a beaucoup d’auto-flagellation dans la communauté, et parfois cela n’est pas toujours bénéfique. À mon sens, il est plus pertinent d’être plus doux avec soi-même et d’être proactif en travaillant pour combler ces faiblesses, avec la permission d’Allah.

Ainsi, pour moi, répertorier les miracles et signes divins du Coran m’a aidé pour consolider ma foi. Les bonnes œuvres aident aussi. Chacun doit trouver les actions qui leur permettront de renforcer leur foi.

La patience

Soyez patients avec les non-musulmans. Il faut être tolérant envers les autres et ne pas désespérer. Il faut aussi comprendre que si une personne est touchée par le message de l’islam, cela peut lui prendre encore du temps pour se reconvertir ; j’ai mis plus de 6 mois pour me convertir alors que j’étais déjà convaincu intérieurement. Il faut donc être patient mais ne pas pour autant être laxiste

S’accrocher à ses principes

Pour moi le musulman doit rester fier de ses principes, et être vigilant. Il ne doit pas épouser les coutumes ou les croyances des autres sous prétexte de tolérance ou d’intégration. Par exemple, à titre personnel je ne fête plus Noël même si je passe du temps en famille aux vacances d’hiver. De même, il faut rester très sceptique à certains discours qu’on peut entendre dans notre société, vis-à-vis de certaines croyances. Par exemple, la liberté n’est pas tout à fait une notion fondamentale en islam, car le musulman n’est pas libre, il a des obligations envers son Seigneur.

Accepter les épreuves et lutter

Il faut accepter les épreuves et ne pas tomber dans la pleurnicherie. Nous aimons bien nous apitoyer, mais parfois on oublie notre sort : Allah éprouve les croyants. C’est normal que nous soyons éprouvés, et c’est normal que les musulmans sincères soient dénigrés et critiqués. C’est une sounnah (NDLR : tradition) d’Allah d’éprouver Ses esclaves, et beaucoup de nos prédécesseurs ont eu des persécutions bien plus grandes, tandis que d’autres vivent pire que nous en ce moment, comme en Palestine ou en Birmanie.

Être reconnaissant et ne pas se plaindre

Il faut combattre ces attaques mais comprendre le pourquoi, et il faut prendre ces attaques comme un bon signe, ne pas se plaindre sans arrêt. Il est illusoire de croire qu’on arrivera à éradiquer l’islamophobie. Au contraire, il faut être reconnaissant envers Allah de nous avoir guidé, et il faut travailler pour être plus fort.

Être vigilant et ne pas écouter n’importe qui

Enfin, il faut faire attention et ne pas écouter n’importe qui. L’année dernière j’ai par exemple fait l’erreur par rapport au Tarawih, je n’y suis presque pas allé car j’ai entendu un prêcheur qui prétendait que c’était une bid’a (NDLR : innovation) qu’il n’était pas recommandé de suivre, alors que les 4 écoles sont d’accord pour dire que c’est une bonne action. Nous vivons une époque trouble et il faut avancer avec prudence et demander l’aide d’Allah.

La bonne niya [intention]

Avoir une bonne niya, et toujours renouveler son intention. Un des premiers ahadith dans le sahih d’Al-Boukhari dit que « les actes ne valent que par l’intention ». Et j’ai remarqué que l’intention pouvait se corrompre, comme par exemple pour mon livre ; des considérations financières sont entrées en jeu, et je dois surveiller ma niya pour ne pas que cela salisse mon projet. Donc avant de faire vos actions, réfléchissez à votre intention et renouvelez-la.

La confiance en Allah

Faire confiance à Allah, car il aide les musulmans sincères et pieux. Ainsi, j’ai eu beaucoup de facilités pour faire mes prières. Idem pour trouver une bonne épouse et encore d’autres choses. Il y a toujours des difficultés mais il faut patienter ; le secours d’Allah arrive au final, car Il n’abandonne pas Ses esclaves sincères.

En toute chose, nous devons faire l’effort et les causes, et c’est Allah qui guide.


Merci pour votre lecture. Qu’Allah le Très-Haut nous guide sur le droit chemin.

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